Randonnée : Lacs de Marinet et Col de Mary | Ubaye

Le lac de Marinet dominé par l’Aiguille Large

C’est au départ de Maljasset, dans les Hautes Vallées de l’Ubaye, que je m’élance sur ce parcours s’annonçant exigeant. 

C’est une impression de bout du monde qui me vient en traversant le petit hameau pittoresque de Maljasset, dernier secteur habité de la vallée avant de prendre le chemin des hautes cimes. Les habitations, coiffées de leurs toits de lauzes, me font penser aux hameaux du Piémont italien, que l’on retrouve de l’autre côté du col de Mary. Je note aussi un superbe cadran solaire, héritage des colporteurs et contrebandiers piémontais de passages dans ces vallées au siècle dernier.

Je m’avance, tout en suivant les rives de l’Ubaye, direction l’ensauvagement. Une fois le cimetière passé, une passerelle m’invite à traverser l’Ubaye pour rejoindre le sentier qui me mènera au sommet de la haute-vallée. 

L’ambiance est douce en cette fin d’été, le soleil donne et un petit vent frais m’accompagne sur le chemin en sous-bois. Petit à petit, je prends de la hauteur et je me retourne parfois pour profiter de la vue sur le col de Girardin, frontière naturelle entre le Queyras et l’Ubaye. 

Torrent de Mary

Un superbe point de vue s’ouvre sur le torrent de Mary et je devine le plateau qu’il me reste à gravir. Le cadre est grandiose et je rejoins le plateau occupé par un troupeau de moutons gardé par cinq patous. Trois d’entre eux viennent à ma rencontre et je croise un couple de randonneurs redescendant vers la vallée, ces derniers ne manquent pas de m’avertir de la beauté du spectacle qui m’attend ! 

J’accélère le pas, émerveillée par ce décor encore vert et déjà minéral, bordé de sommets imposants et de cascades où se côtoient randonneurs, bergers, cavaliers, et pas que ! 

Pour ma plus grande joie, je rencontre un troupeau de six chevaux sauvages quelques kilomètres plus haut ! Un moment hors du temps que je ne manque pas d’immortaliser par quelques photos.

Cheval sauvage près de la Bergerie Supérieure de Mary

Il me reste encore un bon bout de chemin à parcourir, je rejoins le sentier et poursuis mon ascension sur un parcours maintenant très minéral, je me rapproche des géants de pierre. 

Je me retourne de temps en temps pour apprécier la vue sur le chemin parcouru, quel spectacle ! Encore un petit effort et je gagne le col de Mary. Je suis maintenant en Italie pour un court moment, un panneau indique le hameau de Chiappera à 2h30 de marche, j’adorerais y descendre, à travers la vallée Maira que l’on dit si belle, mais ce sera une prochaine fois. 

Crêtes du côté italien du Col de Mary

Le parcours m’invite à grimper, encore, à l’ouest en direction du col de Marinet, que je rejoins après une petite pause pique-nique contemplative sur le cadre minéral qui m’entoure et sur la majestueuse Aiguille de Chambeyron. 

Aiguille de Chambeyron

Vue entre le col de Mary et le col de Marinet

Certains passages sont vertigineux, les pentes sont abruptes et le sentier se fait mince dans les pierriers. Je suis bien contente de retrouver le sillon d’une coulée de boue pour redescendre en direction du convoité lac de Marinet en contrebas. 

Vue depuis le Col de Marinet

Quelle vue ! Le lac est magnifique, surplombé par l’Aiguille Large. Les traces d’une montagne en mouvement sont pourtant bien là : outre la coulée de boue, les maigres restes de neige dans le cirque surplombé par l’Aiguille de Chambeyron témoignent de la présence d’un glacier aujourd’hui disparu. 

Le lac de Marinet dominé par l’Aiguille Large

Je poursuis ma descente lentement mais sûrement, surprise par la course d’un groupe de bouquetins à l’Ouest, une apparition de toute beauté. Plus loin, je retrouverai les quelques chevaux pâturant près de la Bergerie supérieure, et poursuivrai le chemin parcouru à l’aller en sens inverse.

Chevaux sauvages près de la Bergerie Supérieure de Mary

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